• Marie Roca

AVALLON : Un surprenant coup de téléphone ...



Dans son nouveau roman, Marie Roca nous entraîne dans une dimension dans laquelle nous ne parvenons plus à déterminer ce qui est de la réalité et ce qui est de la fiction. Est-ce que tout ce qu'elle écrit n'est que le pur fruit de son imagination ?

Toujours est-il que ce roman "initiatique" s’adresse à toute personne qui se demande si notre humanité ne posséderait pas des potentiels inexplorés qui nous permettraient de mettre un terme à la négativité qui anime ce monde. Cette lecture saura guider toute lectrice et tout lecteur prêts à se laisser guider vers ce monde d’Avallon que les deux « l » distinguent de l’île d’Avalon de la dame du lac dans le cycle du Graal, même s’il y est apparenté. Du rêve à la réalité tangible, le pas à franchir est le vôtre, et ce pas léger est un glissement semblable à la mue du papillon. Il suffit d’être prêt à l’envol pour découvrir Avallon.

Afin de célébrer la sortie du livre de Marie Roca, "AVALLON", nous vous proposons la lecture de son premier chapitre. Découvrez le reste du roman dans la table des matières en cliquant sur la couverture ci-contre.

 

UN SURPRENANT COUP DE TÉLÉPHONE


Casque sur les oreilles, je commence la rédaction de ce roman dans l’ambiance magnifique d’une œuvre subliminale que j’eus le privilège et le bonheur d’interpréter comme soprano au sein d’un chœur classique, et le compositeur en est l’un de nos génies musicaux français, Gabriel Fauré. Cette œuvre qu’il composa à l’âge de dix-neuf ans s’intitule “Le cantique de Jean Racine”. Je vous invite à découvrir cette œuvre enregistrée par l’Orchestre National de Paris sous la direction du chef d’orchestre finnois Paavo Järvi. C’est court mais transcendant et tellement puissant. Pourquoi écouter cette œuvre avant de se lancer dans la découverte du monde d’Avallon ? Parce qu’à l’écoute de telles œuvres, on s’allège assez pour se rapprocher de mondes plus subtils, et c’est encore plus porteur pour qui a eu le bonheur d’en partager les bonnes ondes tout en les produisant par le chant en euphonie avec les autres membres du chœur et les musiciens, on allège son environnement. Ces nuances et cette symbiose entre les chœurs et l’orchestre, sous la direction d’un chef qui dirige tout en finesse comme on fabrique de la dentelle, sont telles des fleurs de l’âme qui ne demandent qu’à s’épanouir.


A cette écoute, une porte s’ouvre sur un espace de lumière et de sérénité. Le souvenir resurgit, et me voilà de nouveau à une autre époque de ma présente existence, au printemps de l’année 2005.


Un surprenant coup de téléphone…


Tout commença pour moi par un coup de téléphone. Une voix féminine douce, cristalline, un peu chantante se fit entendre et mon interlocutrice se présenta ; Christine était institutrice à la retraite depuis sept ans, et elle avait donc passé la soixantaine, puisqu'à cette époque, la retraite pour les instituteurs et institutrices français pouvait être prise à partir de cinquante-cinq ans. Elle aurait donc eu autour de soixante-deux ans, mais sa voix sonnait d'une telle jeunesse que j'eus peine à le croire. Christine dit m'avoir choisie pour me relater son histoire avec l'attente que je puisse la transmettre. Comment cette femme avait-elle mon numéro sur liste rouge ? Comment donc me connaissait-elle et qui lui avait parlé de moi ? Pourquoi me choisissait-elle ? Elle ne répondit pas, me demandant juste de lui faire confiance. Pour l'heure, cette femme et son début de récit m'intriguaient. C'était si étrange. A ce stade, j'eus envie de raccrocher, songeant à un canular, mais une force inconnue et rassurante bloqua ma main qui tenait le combiné, et ce fut comme si une autre main, invisible et protectrice, se posait doucement sur mon épaule. Pourquoi soudain eus-je les larmes aux yeux, mais en même temps une sorte de trépignement intérieur de joie et de paix, peut-être une confuse espérance, un sentiment inconnu et noble balayant toute peur et source de confiance ? Je ne connaissais pas du tout Christine, mais c'est comme si j'écoutais parler une amie ou, plus encore, une sœur, perdue de vue et retrouvée. Qui plus est, j’avais perdu ma sœur dont le prénom ne différait de celui de Christine qu’à une lettre près.


Je n'avais jamais écrit de biographie, alors la demande de Christine ne correspondait pas à mes habituels travaux, et ce, même s'il m'arrivait de corriger des manuscrits de médecine ou des thèses. J’avais tendance à ne pas accepter de prendre les histoires des autres et à orienter ces personnes vers des écrivains publics, mais Christine me parla de moi et me narra des épisodes de ma vie que nulle autre personne que moi ne pouvait connaître, mais elle m'en parla de manière habile, comme si elle évoquait une autre personne que moi, et elle dit des choses si troublantes que j’acceptai de la recevoir. J'ignorais alors à quel point la teneur extraordinaire de ce récit me captiverait, bouleverserait mes repères et m'orienterait vers les rives inconnues d'un monde subtil que nous ne pouvons qu'à peine imaginer et si difficilement entrevoir, mais qui a la particularité d'offrir bien des avantages à celles et ceux qui ont la chance de s'y trouver incarnés… ou déplacés, comme ce fut le cas pour Christine. Je conservai toutefois un doute raisonnable et une certaine prudence en acceptant de rencontrer Christine quelques jours plus tard.


Je n’en étais pas au premier coup de fil surprenant. L’un des plus marquants advint un samedi, lorsque je reçus l’appel d’un authentique marquis issu de la vieille noblesse d’épée, au parler fleuri tricotant parfaitement le subjonctif imparfait et plus-que-parfait, et qui semblait relever d’une autre époque. Il avait le prétexte d’être lui aussi écrivain et inscrit dans la même association que moi. Ce marquis me parla avec une grande déférence à laquelle la vie ne m’a certes pas accoutumée. Presque d’emblée, il me nomma “cousine”, et, franchement, je n’avais pas idée de ce que cela pouvait signifier. J’en découvris des indices au fil de ses propos et, quelques années plus tard, tout se mit sur mon chemin pour me montrer que je suis une authentique descendante d’Hugues Capet, Franc et fondateur de la dynastie la plus marquante de notre Histoire. Je savais être d’origine nobiliaire du côté paternel, certes, mais les aléas de l’Histoire étaient passés par là, et mon enfance se déroula dans la misère. Au passage, le marquis Louis, pour ne donner que son prénom, me dévoila de grands secrets historiques en me parlant de documents “énormes” dont il avait hérité, même si, en deux cas, il ne s’agit que de petits bouts de papier, mais tellement importants. Ces documents étaient précieusement conservés par sa famille et jamais aucun membre n’en faisait état à l’extérieur, mais à moi, et moi seule, le marquis en parla. Du fait d’une rare maladie, ses jours étaient comptés, alors il savait devoir me parler. Curieusement, moi qui naquis dans la misère ouvrière des trente glorieuses, j’eus l’impression d’une grande communion d’âmes avec ce monsieur jamais rencontré. C’est comme si les cellules de mon corps faisaient ressortir une mémoire familiale encryptée, ceci me communiquant alors une énergie incroyable. Le message qu’il devait me passer était sans doute subliminal, mais, à partir de là, tout se mit sur ma route, comme par miracle à chaque fois, pour que je découvre mon ascendance réelle et ses preuves. Me nomma-t-il “cousine” pour avoir découvert entre nous un lien ancien de parenté ?


Parmi les autres appels plus qu’étonnants, il y eut ces trois coups de fil de mon papa, une année après son décès. Il s’agit de trois messages vocaux enregistrés sur le répondeur du téléphone fixe et sur celui du téléphone portable. Or, je n’avais le téléphone portable que depuis deux mois, et, par conséquent, mon père ne pouvait pas avoir son numéro. Les trois fois, le message avec la véritable voix de mon père, son timbre et ses intonations, ne me laissa aucun doute. Le message fut trois fois identique : “Allo (suivi du petit nom qu’il me donnait), c’est papa ; tout va bien.” Curieusement, chaque fois, le répondeur n’avait pas retenu le numéro d’appel de ce correspondant.

J’eus par la suite encore deux fois mon père défunt au téléphone, en 2011, en des circonstances particulières.


Cette parenthèse montre donc que je n’en étais pas au premier appel curieux ; dans le cas du marquis, ce fut un appel terrestre d’un homme encore incarné, quoique sachant ses jours comptés ; dans le second cas, il s’agissait d’appels et de messages de défunt, donc depuis “autre part” ou autre dimension.


Je ne sais franchement pas d’où Christine m’appelait, et s’il s’agissait ou non du plan terrestre, mais le téléphone n’avait pas véritablement “sonné” ; j’avais juste décroché le combiné pour entendre cette voix me parler, comme si une petite voix subliminale m’avait dit de me saisir de ce combiné, alors que le timbre de l’appareil n’avait pas tintinnabulé. C’est, du moins, ce que je peux dire à présent, car je ne suis pas certaine d’avoir été dans un état ordinaire de conscience au moment de cet appel, non pas que j’use, ce qui n’est pas du tout le cas, de substances ou de boisson autre que l’eau, mais, pour être médium, je sais que lorsqu’un médium capte ce que d’autres ne captent pas, il vient de passer dans un état très légèrement modifié de conscience, et ce glissement fait partie de ses aptitudes naturelles, sans doute parce qu’il a gardé plus de deux brins d’ADN activés. Certains médiums, la plupart, en fait, n’ont de relations qu’avec le monde des défunts ; ils ont donc trois brins d’ADN activés ; ceux qui sont en plus voyants ont quatre brins d’ADN actifs. Ceux, très rares, qui perçoivent les autres mondes que celui des défunts ont au moins quatre brins d’ADN actifs. J’en ai peut-être un peu plus, puisqu’à plusieurs reprises dans ma vie, on m’a signalé m’avoir vue en des endroits où je n’étais pas. Or, ces témoins décrivaient les vêtements que je portais à ce moment-là. On appelle cela le don d’ubiquité, mais ce n’est pas quelque chose dont j’ai conscience au moment où cela advient, et, par conséquent, je ne maîtrise pas ce “don”. La plupart des mortels ont juste deux brins activés sur les douze que nous possédons. Tous, médiums ou non, nous possédons le potentiel de douze brins d’ADN.


J’avais donc sans doute naturellement activé un état légèrement modifié de conscience juste avant de “capter” cet appel via mon téléphone fixe.

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